vendredi 7 janvier 2011

La main posée sur leurs nuques

Quand la semaine commence avec une nuque tendue et douloureuse, je sais que les jours suivants seront chagrins, que les nuits seront longues à regarder le plafond les yeux grand ouverts, à écouter toute cette pluie qui tombe. La semaine a été longue, de fait, et je suis encore surprise de me découvrir le cœur si près de la gorge dans ces moments-là. Comme si je ne le savais pas. 
Pour les petites demoiselles aussi la reprise a été difficile. Plus leurs journées se passent sans heurt, plus leurs retours à la maison tard le soir, trop tard pour elles, est douloureux. Tant de sagesse et d'attention à l'école qui se transforment en cris qu'on ne contient plus, en besoin de sortir en vrac toutes les émotions accumulées dans de si petits corps, en incompréhension des ces séparations trop longues pour elles.
Alors, pour les apaiser, et parce que dans ces moments-là tout mot est inutile, ne reste qu'une main, la plus douce possible, la plus chaude aussi, posée sur leurs nuques. Une main qui tente de dire les pensées envolées vers elles même et surtout quand je ne suis pas là. Une main qui dit le remords quand à leurs cris de fatigue je joins les miens d'impuissance, même si je sais que c'est la pire des choses à faire. Une main qui dit ça ira mieux demain. Demain, justement, on ne se quittera pas.

mercredi 5 janvier 2011

Traversée du Nord de Marie DESPLECHIN

"Il faut avoir traversé Le Tréport et gagné Mers, il faut avoir dégringolé les villas de Bois-de-Cise pour savoir ce qu'il en est de la mélancolie. On se sent le cœur tout spongieux, à longer des maisons qui portent, pris dans la céramique, ornés de fleurs naïves, des prénoms de femmes, Monique, Colette, Annie. On pense qu'on aurait pu y vivre, qu'on y a peut-être vécu, dans une autre vie, plus ancienne et plus douce. On se trouve, comment dire, troué de langueur."

Oui, je vous parle beaucoup du Père Noël depuis deux semaines, mais c'est qu'il nous a apporté de bien belles choses cette année, dont ce tout petit livre qui est superbe !

Traversée du Nord de Marie Desplechin n'est pas un guide touristique. Ce n'est pas non plus un récit autobiographique. C'est un peu des deux à la fois et, surtout, bien plus que cela. C'est le récit de ce qu'est le Nord, au sens large du terme (c'est-à-dire depuis la Picardie), un récit qui mêle souvenirs d'enfance, anecdotes historiques, allusions voire citations littéraires. C'est un récit avant tout émouvant et poétique, doux et curieux. 
Marie Desplechin prend le parti, audacieux, de partir de Paris pour remonter jusqu'au bout du Nord et, escale après escale, elle nous raconte ce qu'on y trouve. L'ensemble est divisé en chapitres qui sont autant d'invitations à la rencontre de lieux ainsi que d'êtres, qu'on n'aurait pas forcément regardés, du moins, pas de cette manière-là. En ce sens, Travsersée du Nord est aussi une invitation à poser un regard neuf sur des régions mal connues, mal perçues.
Moi qui vis depuis peu dans ce Nord au sens large du terme, sans en être originaire, j'ai été très émue par ce livre qui témoigne parfois de sentiments que j'ai pu éprouver comme celui que j'ai choisi comme exergue à ce billet, mais aussi comme ce que je ressens maintenant que je passe deux jours par semaine à Amiens et que ça me donne l'occasion de mieux appréhender cette ville que je n'avais d'abord pas aimée, cette ville que l'auteur compare à ... Frankenstein, une créature rapiécée mais émouvante.
La poésie douce de ce récit fait que ce livre peut aussi plaire  à des lecteurs qui ne connaissent pas le Nord. Il suffit d'être curieux et d'avoir l'âme vagabonde pour se laisser entraîner par cette jolie prose ! Les plus littéraires aimeront faire quelques pas avec Nerval, Proust, Simone de Beauvoir ...En même temps, le ton est très oral, on croirait participer à une discussion, c'est très agréable !

Traversée du Nord est un bien joli livre dont je vais souvent picorer quelques pages, au gré de nos promenades dans la région. C'est également un livre qui m'a permis de découvrir la collection "France vagabonde" de National Geographics que je ne connaissais pas mais que j'ai très envie de mieux connaître avec des volumes sur d'autres régions.

Père Noël, si tu passes par là : merci, du fond du cœur !

mardi 4 janvier 2011

Le grain de sel des Demoiselles # 24

Le Père Noël a déposé un petit bijou sous notre sapin : un tout petit album (4.95 euros, oui, le Père Noël laisse parfois le prix !) que ma grande Demoiselle demande à lire en boucle, ce que je fais volontiers tant je suis moi-même charmée. 

Le Noël de maître Belloni, d'Hubert Ben Kemoun et Isabelle Chatellard (Les p'tits albums du Père Castor), c'est d'abord un livre joli à regarder et doux à toucher. Les pages ne sont pas blanches mais crème, la typographie est légère, le texte n'occupe qu'une petite colonne d'une des deux pages en regard, le dessin d'une marionnette accompagne le texte sur cette page-là et l'autre page est faite d'une illustration superbe dans un encadré tracé à main levée.

 

L'histoire raconte l'origine de la buche de Noël et dévoile le secret de son petit goût de châtaigne. Un matin, alors qu'il fait très froid, les marionnettes découvrent maître Belloni évanoui, tremblant de fièvre et elles se rendent compte que, faute de bois, le feu s'est éteint. Craignant pour la vie du vieux marionnettiste, la Belle au Bois Dormant, Blanche-Neige, les Sept Nains, Pinocchio et bien d'autres encore, décident sans hésiter de sacrifier qui une jambe, qui un bras qui ... son nez, pour raviver le feu de la cheminée. Réchauffé, maître Belloni recouvre ses esprits mais découvre ses marionnettes gisant au sol, mutilées. Comprenant ce qu'il s'est passé, il se rend dans la forêt pour couper du bois puis il entreprend de réparer, une à une, les marionnettes quitte à y consacrer toute une nuit. Au petit matin, toutes les marionnettes sont réparées. Mais c'est Noël et avec tout ce travail le vieux marionnettiste n'a pas eu le temps de préparer de repas. La fée Uzi prend les choses en main ...

Le Noël de maître Belloni est un conte de Noël émouvant. Il est aussi une invitation à pénétrer dans un joli univers où les êtres sont de bois, mus par des fils, mais ont un cœur plein de tendresse. Il est enfin un voyage au pays des contes puisque toutes les personnages en viennent et ma Demoiselle est toute heureuse de les trouver tous réunis dans cet album. 

Un TRES bel album qui me permet de poursuivre le défi de Hérisson, même si la date est passée !                                                                                8/11
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Mon envie du mardi - Janvier # 1

Le défi proposé par Capp' continue en 2011 et j'en suis bien contente car c'est chouette de s'autoriser de petites (ou grandes !!) envies chaque semaine ! 
En ce premier mardi de l'année, j'ai bien envie de créer une nouvelle rubrique sur ce blog qui vient d'évoluer, une rubrique qui me tient beaucoup à cœur mais dans laquelle je n'ose pas me lancer car 1. je ne suis pas sûre qu'elle vous intéressera 2. elle prend du temps mais surtout 3. elle engage des questions de droits avec lesquels je ne suis pas bien à l'aise. Bref, tout cela est sans doute un peu mystérieux pour vous mais la première envie de l'année mérite bien un peu de suspens !! 

Et vous les copinetes, quelles sont vos envies de ce mardi ? Pour le savoir, il fait aller chez Capp qui tient à jour la liste de toutes nos envies.

dimanche 2 janvier 2011

Parées pour la reprise

Demain, nous aurons sans doute le coeur un peu froid et les yeux qui piquent car dès ce premier jour de reprise je verrai mes petites demoiselles moins d'une heure dans la journée et ça va recommencer comme ça des semaines et des semaines durant ... Après près de trois semaines sans se quitter, ça va être difficile ... mais au moins nous aurons chaud aux oreilles ! En effet, comme beaucoup, j'ai succombé au bonnet Mistinguette proposé par Marion (clic !) et ma MiniRikiki en a voulu un chiné rouge et gris :


Ma grande demoiselle, elle,  voulait un cœur rose à la place du nœud ... hum ... nous avons négocié une fleur !


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Ce bonnet-ci m'a d'ailleurs donné du fil à retordre car j'ai eu un petit accident d'aiguille, ce qui m'a forcée à boire pour continuer à tricoter (sur les bons conseils de système D de Capp, merci !) puisque le petit bout de l'aiguille est soudain tombé me faisant perdre plusieurs mailles  :





Dans ma lancée, je me suis aussi fait un bonnet pour moi, avec un petit cache-cou : ne regardez pas les finitions, il y a encore des petits bouts de fils à cacher ! 





Qui a dit que les vacances c'était fait pour chômer ?

samedi 1 janvier 2011

Le premier jour du premier mois de la nouvelle année

Se réveiller en se disant que ça y est, on est en 2011 pour de bon et que ce sera l'année de mes 40 ans ... /  lire quelques pages de Zola et se dire que, décidément, c'est saisissant / tricoter une fleur pour finir le bonnet de la grande demoiselle / enlever la vieille télé cassée du salon et se dire qu'on n'a pas forcément envie de la remplacer / espérer un bébé qui n'est plus du tout pressé de naître / finir le champagne, à deux / attendre le crépuscule pour sortir car avec les petites lumières dans les rues, c'est joli / jouer à la factrice et déposer un dessin dans la boîte aux lettres d'un petit copain qui fête ses 6 ans aujourd'hui / s'arrêter devant une fenêtre pour admirer une décoration pleine de magie / décider que, finalement, on ira à la gare demain / essayer de ne pas trop s'inquiéter pour la reprise de la petite demoiselle / imaginer se laisser porter sur le dos d'une libellule pour aller au pays des rêves / se dire que l'année commence tranquillement

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2011 ?

C'est l'heure des bilans, des vœux, des résolutions ... et je n'ai envie de rien de tout ça. Moi, pour cette année, j'ai juste envie que ça continue, les enfants flous sur les photos, les rires au moment où il ne faudrait pas, les histoires de princesse et la course pour apercevoir par la fenêtre l'avion qu'on entend voler, les bisous tout doux dans le cou qui effacent tout. Que tout cela continue, la vie, en somme, c'est déjà beaucoup !