samedi 15 mai 2010

Quand les livres ont des elles # 2 avec une invitée d'honneur !

La deuxième session de notre défi quandleslivresontdesellesarrive à son terme et chacune des participantes publie aujourd'hui un billet sur sa lecture-surprise. Pour cette fois, j'ai le plaisir d'accueillir Henriette qui n'a pas de blog et publie donc une chronique itinérante en posant son bouquin, sa plume et son petit carnet de lecture sur un autre blog à chaque session. Au début de cette deuxième session, c'est un roman de Didier Van Cauwelaert qu'elle a trouvé dans sa boîte aux lettres : L'Education d'une fée. Découvrons ses impressions de lecture :

educf_e
  cauwelaretComment fonder une famille quand on n'a eu qu'une relation en pointillés avec un père "naturel" ? Comme apprivoiser la mort ? Comment se construire malgré / après les bombes de la guerre ? Comment ne pas laisser le quotidien éteindre ses rêves ? Des interrogations, me direz-vous, bien sérieuses et bien graves dans un petit roman pourtant léger et optimiste.
Or c'est bien à ces questions que deux personnages, en voix alternées, tentent d'apporter leur réponse tout au long du livre, avec les petits expédients qui font pourtant au final les vraies solutions de vie : opter pour une paternité fondée sur la magie d'une rencontre et le choix du cœur, et non sur d'hypothétiques et aléatoires liens du sang ; mettre des béquilles aux arbrisseaux cassés et adopter une pierre tombale en déshérence ; croire envers et contre tout que la langue et la culture d'un autre pays seront plus fortes que la barbarie et en faire sa bouée de sauvetage. Et surtout, croire que la magie des fées peut sauver ceux qu'on aime, malgré eux.
Certes, les situations sont parfois peu vraisemblables, avec un petit côté "Alexandre Jardin" (qui je l'avoue humblement, n'est pas ma tasse de thé) pouvant faire un peu tiquer, et la fin peut sembler un tantinet expédiée. Mais l'ensemble est baigné d'une grâce charmante, et la polyphonie alterne plaisamment les points de vue sur les êtres et les faits. Et surtout l'on s'attache inévitablement à ces personnages légèrement excentriques, qu'ils vivent au milieu des oiseaux, des jouets ou des livres, ou derrière la caisse n°13 d'un supermarché, tous un peu blessés mais en quête et en voie de guérison.

C'est donc une lecture très agréable, presque lumineuse, qui vous rend joyeux et vous donne du peps, une sorte de cocktail vitaminé qui donne bonne mine et bon moral : à consommer sans modération.

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Pour ma part, j'ai été intriguée en recevant Le Roman de monsieur Molière de Mikhaïl Boulgakov car je n'avais lu de lui que Le Maître et Marguerite quand j'étais toute jeune et j'étais curieuse de lire un autre livre de cet auteur. Par ailleurs le titre qui mélange fiction et biographie m'interpelait.

molierefr Dès les premières lignes, le ton est donné : certes, on va lire la vie de Molière, mais pas une vie racontée par un biographe au sens où on l'entend habituellement, plutôt une vie racontée par la petite souris que nous rêvons tous d'être un jour, celle qui se faufile partout et surprend toutes les conversations, assiste à tous les petits riens qui font une existence.
Extrêmement documenté, Boulgakov s'est offert le loisir de combler les manques en imaginant ce qui a bien pu se produire là où aucune trace n'est restée. Le lecteur est donc embarqué dans la vie trépidante de Molière, de son premier cri à son dernier souffle, mais également dans l'histoire complexe de cette France du XVIIè siècle : quel voyage ! 
On comprend vite que Molière ait pu fasciner Boulgakov qui s'est sans doute identifié à cet homme qui n'a cessé de se battre pour créer. J'ai d'ailleurs senti beaucoup de tendresse de la part de l'auteur quand il désigne Molière par la formule "notre héros" et il est vrai que tant de ténacité malgré les difficultés impressionne et émeut tout à la fois. J'ai tout particulièrement aimé la manière dont Boulgakov explique la genèse de nombre des pièces de Molière, ce qui va très certainement modifier en partie  ma lecture des dites pièces. Enfin, j'ai surtout été intéressée par les rapports entre art et pouvoir, rapports qui n'ont, en un sens, pas tant changé que ça. boulgakov

Le ton léger, presque badin, des premiers chapitres, s'efface peu à peu mais n'est jamais remplacé par un ton doctoral alors même que le contenu est très fouillé, très documenté.
Boulgakov se pose ainsi en digne héritier de Molière puisqu'il instruit en distrayant !

Cliquez ici si pour relire le billet de la première session de notre défi !

Allons vite découvrir quels livre les copines ont reçu et ce qu'elles en ont pensé  ! C'est parti pour une petite promenade de clic en clic en faisant des pauses chez Gio, Dan, Rafafa et Sara.

vendredi 14 mai 2010

Le grain de sel des petites Demoiselles # 17


Depuis le début de la semaine, nous lisons et re-lisons les albums achetés lors du salon du livre qui vient de se tenir dans notre ville (clic !) et j'ai un grand coup de cœur coups_de_coeur_eloah pour l'un d'entre eux, Demba et le Faiseur de Rêves écrit par Anne Ferrier et illustré par Justine Brax. L'auteur a eu la gentillesse de dédicacer l'album pour ma grande Demoiselle :


1118_demba_et_le_faiseur_de_reves_zoomQuand le vieux baobab, devenu dangereux, est coupé, les villageois sombrent dans la tristesse et les mésententes entre eux se multiplient. Alors que certains accusent la sècheresse d'être responsable de ces maux, un vieux Sage les expliquent par le départ du Faiseur de Rêves qui s'était installé sous le baobab et qui est parti lorsque l'arbre a été coupé. Même si personne au village ne croit à cette légende, il demande à son petit-fils, Demba, de partir à la recherche du Faiseur de Rêves et il lui recommande d'aller chercher de l'aide auprès de la vieille Marima. Bien qu'effrayé, l'enfant part seul pour ce long voyage au cours duquel il croisera plusieurs personnages qui tous lui raconteront leur histoire ...

Ce très beau récit initiatique fait bien entendu penser à un conte africain. Le merveilleux vient au secours de la réalité et des rencontres les plus simples (une vieille femme, un lézard ...) naissent des histoires fabuleuses. 
Complexe, ce récit est encore un peu difficile pour ma Demoiselle de 4 ans et demi mais après plusieurs lectures certains épisodes ont déjà sa préférence comme celui du manteau de pluie que la vieille Marima confectionne avec les larmes de Demba qu'elle recueille dans une calebasse


Posted by Picasaet celui des lucioles qui retrouvent la lumière. Les illustrations, superbes et très émouvantes, sont à elles seules une invitation au voyage et à l'imaginaire.


C'est un très bel album que je recommande chaudement aussi bien aux enfants qu'aux grands. 


jeudi 13 mai 2010

Boîte à déj # 24 et gâteau aux Michoko... miam !

Pour ma 4è participation au DBH de Capp' (un mois, déjà !!), j'ai préparé mon bentô dans ma "boîte à crayons" !


En entrée, en bas à droite et au milieu : une tranche de jambon blanc coupée en trois puis roulée et des radis coupés en rondelles
En plat, des farfalles de toutes les couleurs et des petits pois voyageurs
En desserts, en haut et toujours au pluriel ..., du fromage blanc avec un peu de sucre cassonade, une part de fondant choco-noisettes aux Michoko et une poire coupée en morceaux calés où je le pouvais ! 

Puisque je sens que mon fondant choco-noisettes aux Michoko en intéresse certains :-), en voici la recette !
Faire fondre 130 grammes de beurre et 125 grammes de chocolat noir au bain-marie puis laisser tiédir.
Dans une jatte, fouetter longuement 4 oeufs avec 30 grammes de sucre pour obtenir un mélange presque blanc et mousseux. 
Verser le chocolat fondu dans ce mélange, ajouter 3 à 4 cuillères à soupe de noisettes en poudre. Si vous n'aimez pas la sensation de la poudre de noisettes sous la dent, de la poudre d'amandes ira parfaitement. Mélanger.
Beurrer et fariner 4 ramequins (pour cette fois, j'ai voulu faire un plat familial mais c'était moins bon et moins joli à présenter, je reviendrai donc aux ramequins la prochaine fois !). Verser la pâte et réserver au réfrigérateur pendant deux heures. 
Préchauffer le four à 180°. Enfoncer des Michoko sur le fondant (un au centre si c'est dans des ramequins, autant que vous voulez et où vous voulez en plat familial). Enfourner une petite dizaine de minutes pour les ramequins, presque 20 minutes pour un grand plat. 
Démouler rapidement mais délicatement !
C'est délicieux tiède. S'il en reste :-)), le garder au réfrigérateur.
Posted by Picasa

lundi 10 mai 2010

Des rencontres et des promesses




Ce week end se tenait un modeste salon du livre et de la bande dessinée dans ma petite ville et ce fut pour moi l'occasion de rencontres fortes car avec des univers complètement différents du mien, d'abord avec 

 dont je vous parlerai bientôt puis avec Tib-Gordon, dessinateur, co-auteur d'une bande dessinée qui s'annonce assez déjantée 


Je suis restée somme toute assez raisonnable, me laissant surtout tenter par des albums pour mes enfants






Posted by Picasaqui ont été impressionnées d'y découvrir de chouettes dédicaces.
La semaine s'annonce donc pleine de promesses de lectures et de découvertes !

samedi 8 mai 2010

Le grain de sel des petites Demoiselles # 16

Voilà un bon moment que je n'ai pas parlé des lectures de mes Demoiselles (cette rubrique aussi change de nom et passe au pluriel !) ! Ces jours-ci, un petit livre, qui fut longtemps le préféré de ma grande Demoiselle puis qu'elle a oublié au profit d'autres, retrouve une place de choix dans nos lectures du soir grâce à la Mini Rikiki qui vient de le découvrir !

ulysseSeul dans le salon, Ulysse vient de faire une grosse bêtise : il a gratté un petit bout du tableau peint par son grand-père et a fait ... un trou ! La mer représentée sur la toile commence alors à couler, les bateaux quittent précipitamment le port, un poisson bientôt suivi d'un gros poulpe s'échappent du tableau ... et Ulysse essaye de réparer les dégâts du mieux qu'il peut jusqu'à ce qu'une demoiselle qui se promène sur le rivage s'approche du trou et lui demande des comptes !

Ulysse et le tableau qui fuit, écrit par Cathy Itak et illustré par Elene Usdin est un album de petit format, très pratique à manipuler par de petites mains. L'histoire saisit parfaitement le monde dans lequel vivent les petits, ce monde nourri d'un imaginaire qui s'invite comme il veut dans la réalité. Ulysse en est le narrateur, ce qui donne au récit le charme de la naïveté de l'enfant et le petit lecteur partage d'autant mieux la surprise et l'inquiétude d'Ulysse, il participe à son besoin de trouver des idées pour résoudre un par un les problèmes qui se présentent à lui. La chute du récit est savoureuse et très drôle. Les illustrations d'Elene Usdin sont charmantes, un brin naïves et elles envahissent les pages.
Bien sûr ce récit fait grandement penser à la nouvelle "Comment Wang Fô fut sauvé" de Marguerite Yourcenar !

Ce petit album rigolo et fantaisiste est le troisième que je lis pour le défi organisé par Hérisson08.
  jelisaussidesalbums 3/11

jeudi 6 mai 2010

Boîte à déj # 23

Voici un bentô vite préparé avec les moyens du bord pour ma 3è participation au DBH (défi bentô hebdomadaire) de Capp' et, accessoirement, pour mon déjeuner de ce jeudi  :

* En entrée (en bas à gauche) : du soja avec dans la petite boîte rouge de la sauce ... soja (CQFD :-))
* En plat (en haut, de gauche à droite) : deux accras de morue ; un mélange de céréales ; du saumon poêlé
* En dessert (en bas, de gauche à droite) : une tranche de morbier, deux petits biscuits en forme de coeur, des fraises
Et pour que je me sente un peu moins seule devant mon bentô, quelques animaux sauvages en haut, de la ferme en bas se sont proposés pour m'accompagner !

mardi 4 mai 2010

Le Convive du dernier soir de Charles MC CARRY

"Des années plus tard il essaierait de se souvenir de ce qu'il ressentait à ce moment-là, lorsqu'il sortit du monde réel pour entrer dans le monde du secret. Avait-il pensé à son père ? S'était-il souvenu des juifs cachés à bord du Mohican, du Dandy, des hommes de la Gestapo qui avaient frappé son père et arrêté sa mère ? Avait-il été motivé par l'amour de l'Amérique, par un idéal de liberté ? Il n'en savait rien. Ce dont il se souvenait, c'était d'une sensation de soulagement : le directeur lui avait offert le secret, un monde où les hommes étaient enfermés dans un coffre-fort, un monde où l'on pouvait tout savoir et ne rien révéler, un monde où il ne pouvait y avoir de disparitions inexpliquées."


convive Le Convive du Dernier soir de Charles Mc Carry s'ouvre sur un prologue digne d'un polar : Molly qui suit discrètement Paul, l'homme qu'elle aime, se fait violemment heurter par une voiture qui fuit aussitôt ... Voilà de quoi aiguiser la curiosité du lecteur dès les premières pages !
Le roman qui suit ce prologue, découpé en trois livres, reprend l'histoire dès le début, soit bien longtemps avant le meurtre de Molly puisqu'on remonte à l'histoire d'Hubbard l'américain et Lori l'allemande, futurs parents de Paul.
Le Convive du Dernier soir retrace ainsi l'histoire d'une famille et de ses proches à travers deux générations mais aussi l'histoire de l'Outfit, service secret américain, qui œuvre aussi bien en Allemagne durant le Seconde Guerre Mondiale que dans la jungle birmane lors de la guerre contre les japonais, qu'en Indochine ou encore en France.

Ce roman d'espionnage est foisonnant : il nous fait parcourir le globe et il nous fait surtout voyager dans l'Histoire du XXè siècle. Pourtant, j'ai failli l'abandonner plus d'une fois car je me sentais perdue dans ces missions  aux objectifs flous voire inexistants, auprès de ces personnages à qui rien ne réussit vraiment. En lisant la quatrième de couverture, je m'étais attendue à plus d'action, plus de suspens ... mcca190 Sauf que. Sauf qu'un "je ne sais quoi", comme disent les américains, quelque chose qui tient à la fois à un style très agréable et à la curiosité suscitée par les premières pages, m'a fait poursuivre ma lecture et je ne le regrette pas ! Peu à peu, le récit s'est déconstruit puis reconstruit dans mon esprit, les événements ont pris place dans le puzzle et dès lors que j'ai commencé à entr'apercevoir non seulement du sens mais surtout un autre sens, je n'ai plus lâché le livre ... mais je ne peux en dire davantage !

Merci à BOB BOB et aux éditions du Livre de Poche pour cette lecture insolite !