samedi 20 novembre 2010

Un homme accidentel de Philippe BESSON

"Il y a des moments de presque rien, des minutes ordinaires, on en a traversé des tas comme ça avant, mais un beau matin, c'est une fraction de temps pendant laquelle tout bascule. Des silences qui paraissent anodins, on n'éprouve pas le besoin de les remplir, on y est bien mais on appuie le regard un peu trop, on accroche ses yeux à l'autre une seconde de plus qu'il ne faudrait et ça remplit le silence d'un coup, on fait loger un destin dans ce silence."

Ma copine Tanaquil (clic !) qui connaît mon goût pour les romans de Philippe Besson m'a offert celui-ci il y a peu et j'ai aussitôt renoué avec le bonheur de savourer ce style. Merci Tanaq' !

Les chemins de Jack, acteur hollywoodien célèbre, et du narrateur, simple flic, bientôt père, amoureux de Laura, n'auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, à l'occasion d'un meurtre, le policier rencontre l'acteur et leurs vies se télescopent, sans que l'un ni l'autre ne puissent plus rien contrôler ...
Dans Un Homme accidentel (quel beau titre !), on retrouve pleinement l'écriture et les thèmes chers à Besson : des personnages banals auxquels on s'identifie dès les premières lignes, des destins qui échappent à tous, une Amérique tiraillée entre sa bonne pensée judéo-chrétienne et son perpétuel décalage et, surtout surtout, la force et la violence du sentiment amoureux, du désir. L'amour chez Besson est toujours tragique mais il n'en est que plus beau, que plus émouvant.
Dans ce roman-ci, j'ai particulièrement aimé la dualité de l'écriture qui oscille constamment entre légèreté (l'évidence des corps et des âmes annule toute intellectualisation des actes) et tristesse, profonde tristesse des conséquences de cette légèreté. Peu d'auteurs savent, à mon sens, écrire la tristesse comme Besson. Personnages et lecteurs voient la fatalité en marche sans même songer à tenter de l'arrêter, tant l'inéluctable domine, tant, aussi, cette fatalité peut être douce, voire belle, paradoxalement ...

Photo de Besson : A. Polignon / Opale
Autres romans de Philippe Besson chroniqués sur ce blog :

mardi 16 novembre 2010

Mon envie du mardi - Novembre # 3

Troisième envie du mois de novembre, déjà ! Cette fois, j'ai envie de ... tricoter :






Il me manque le rocking chair et le chignon mais j'espère que ça va aller tout de même :-)
Pour être honnête, cette envie est née d'un besoin puisque l'école de mes Demoiselles interdit le port de l'écharpe mais comme je ne me vois pas les laisser avoir (ni prendre !) froid, eh bien je vais essayer de tricoter quelque chose qui pourra leur tenir chaud. Rendez-vous la semaine prochaine pour voir si j'aurai réussi ! 
En attendant, allons vite voir chez Capp' quelle est son envie cette semaine et découvrons grâce à sa récap' les envies des copinettes !

vendredi 12 novembre 2010

La Carte et le Territoire de Michel HOUELLEBECQ

" Pour ce qu'il avait pu en observer l'existence des hommes s'organisait autour du travail, qui occupait la plus grande partie de la vie, et s'accomplissait dans des organisations de dimension variable. (...) Certains êtres humains, pendant la période la plus active de leur vie, tentaient en outre de s'associer dans des micro-regroupements, qualifiés de familles, ayant pour but la reproduction de l'espèce ; mais ces tentatives, le plus souvent, tournaient court, pour des raisons liées à la "nature du temps".

Il est difficile de parler de ce roman à présent qu'il a obtenu le Prix Goncourt et que tout le monde ou presque a son petit avis à son sujet. Cela m'apprendra à être si lente, puisque j'ai terminé ma lecture la veille de la proclamation du prix mais il me faut toujours quelques jours pour digérer un roman et en faire un billet !

La Carte et le Territoire suit, en grande partie, la carrière d'un artiste, Jed Martin, qui débute grâce à une idée originale : photographier de manière artistique des cartes routières. A part créer des œuvres d'art, Jed ne fait pas grand chose, il fréquente peu de monde, subit l'amour plus qu'il ne le cherche, s'en passe finalement lorsqu'il s'en va. Cela ne l'empêche pas d'observer avec acuité la société qui l'entoure et de la peindre sur des toiles hyper réalistes. Quand l'une de ses toiles se trouve à l'origine d'un crime des plus atroces, Jed se montre à peine ébranlé ...
Le héros de Houellebecq a tout de l'anti-héros, et c'est sans doute cela qui le rend attachant. Personnellement, je pense que l'auteur s'est davantage dépeint dans ce personnage-là que dans celui qui porte pourtant son nom dans le roman, ce dernier ressemblant plus à l'image médiatique qu'on peut avoir de Houellebecq qui doit, forcément, être relativement éloignée de la réalité (un a-social alcoolisé). L'auteur n'en est pas à  une facétie près et ce jeu de dupe entre ses personnages et les personnes réelles qui ont pu les inspirer me semble évident. D'autres personnages du roman ressemblent peu ou prou à des gens célèbres, plus ou moins a l'avantage de ceux dont ils portent le nom (Lelay, Pernaut, Lepers, Beigbeder ...). Par ailleurs, plusieurs passages du récit sont caustiques, voire d'un humour grinçant. J'aime assez cet humour discret ! La Carte et le Territoire est donc un roman dans lequel l'auteur (se) joue avec (de) son lecteur, avec la représentation qu'il (se) fait de la réalité,  et ce n'est pas désagréable. 

L'aspect du roman qui m'a le plus intéressée, c'est la réflexion à laquelle il invite sur l'art. Jed Martin est peu à peu mondialement reconnu, sa cote grimpe de manière exponentielle ... sans qu'il l'ait vraiment cherché ni même désiré,  sans qu'il sache trop pourquoi il photographie ou peint ainsi, sans qu'il soit en mesure d'expliquer ce  qu'il veut exprimer. Plus qu'à son art, c'est à son attachée de presse qu'il doit sa célébrité ! Implicitement, le roman s'interroge sur ce qu'est l'art, sur ce qui fait l'art et la réponse semble être le hasard , les circonstances, puis un certain effet de mode, plus que le talent ou le projet artistique. Cette problématique est tout à l'image de l'auteur lui-même qui se montre toujours (faussement ?) surpris de l'intérêt qu'on lui porte, un peu comme si ça le dépassait, un peu comme si, une fois l'œuvre créée ou le livre écrit, tout cela n'avait plus tellement d'importance, ni, peut-être, de sens. Dans La Carte et le Territoire, l'essentiel pour l'artiste est de créer, pas d'être reconnu. La preuve en est qu'il accorde une importance très limitée à l'argent qu'il gagne et qu'il ne cherche nullement à entretenir son image ni ses relations, se plaçant délibérément hors de la société qui le porte aux nues. Les médias sont dépeints comme tout puissants en la matière et, là encore, on sent poindre la critique derrière l'humour noir.

J'ai bien du mal à savoir si j'ai aimé ou non ce roman, mes seules certitudes sont que je me suis attachée à son protagoniste et que les questions sous-jacentes sur l'art et notre société moderne m'ont interpellée. Je n'ai en revanche pas aimé (pas compris ?) qu'il y ait finalement deux romans en un puisque, subitement, à partir de la Troisième Partie, le point de vue change et Jed n'est plus au cœur du récit, il n'en devient qu'un  personnage très secondaire, comme si une nouvelle ramification l'avait écarté de la route principale. Le personnage nommé Michel Houellebecq occupe alors l'espace textuel et je me suis demandé si le personnage public qu'est devenu l'écrivain (le vrai) n'avait pas effacé l'homme qu'il était (qu'on retrouverait en Jed Martin) et qu'ainsi ce roman serait une métaphore de ce que vivrait notre écrivain ... En même temps, l'époque (future) à laquelle s'achève le roman, certains événements comme la mort de Michel Houellebecq rappellent, si besoin était, que tout ceci n'est après tout "que" de la fiction.

7/7

Photo de Houellebecq © Sophie Bassouls Corbis-Sygma

jeudi 11 novembre 2010

Boîtes à déj' # 41 et 42

Voici deux nouveaux bentôs et je risque d'en faire encore plus dans les semaines à venir puisque je re-deviens étudiante 2 jours par semaine (à mon âge, est-ce bien sérieux ??) et il faudra bien que je me nourrisse ces jours-là aussi. 

Voici donc mon bentô # 41 :



* En entrée : du rôti de porc froid avec de la mâche
* En plat : des céréales avec une poëlée de brocolis et champignons de Paris
* En dessert : une tranche de ce qui aurait dû être du pain d'épice mais finalement n'a ressemblé à rien de connu (faute d'avoir la farine idoine) mais était bon tout de même :-)

Bentô # 42 ou mon premier bentô d'étudiante !



* En entrée : une carotte et des tomates cerise
* En plat : des céréales (oui encore : j'adore ça !!) avec du saumon
* Un ch'tit morceau de brie
* En dessert : une clémentine

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mardi 9 novembre 2010

Mon envie du mardi - Novembre # 2

Deuxième mardi du mois et donc deuxième participation pour moi au joli défi lancé par Capp !
Ce mardi, j'ai une forte envie de ...bleu et d'eau, de piscine donc !


Bon, bon, il y a trèèès peu de chance pour que, d'ici la fin du mois, je me baigne dans l'une des plus belles piscines du monde, les bains Gellert à Budapest (cf photo empruntée ) mais la petite piscine municipale de notre ville m'ira bien si nous trouvons le temps d'y aller !
Allons vite découvrir les envies de Capp' notre cheftaine et de toutes les copinettes ! 

samedi 6 novembre 2010

La quête des livres-Monde - Tome 1 : Le livre des âmes de Carina Rozenfeld

"Nous avons ouvert le passage vers la Terre une ultime fois, et nous sommes venus, quatre Chébériens, pour cacher les Livres. Mais nous étions déjà infectés par l'Avaleur de Mondes. Nos mémoires, nos âmes s'émiettaient jour après jour et il ne nous était pas possible de faire machine-arrière."

Voici le premier volet d'une trilogie (dont le 3è volume sortira en mai 2011) qui a beaucoup plu à mes 6è l'an passé et que j'avais donc envie de découvrir !

Zec est un adolescent comme les autres, jusqu'au jour (la nuit, plutôt) où des ailes lui poussent dans le dos ! Paniqué, Zec ne comprend pas ce qu'il lui arrive et c'est grâce à sa rencontre avec un vieil homme en fauteuil roulant qu'il apprend qu'il n'est pas un terrien comme il l'a toujours cru, qu'il a une mission à remplir pour sauver les siens du néant où l'Avaleur de Mondes les a fait tomber en les privant de mémoire ...

Ce premier volume accorde une large place à la découverte de sa réelle identité par le jeune héros et cet aspect est plutôt bien mené : Zec passe de la peur à l'incrédulité, de l'enthousiasme au refus, de l'euphorie à l'angoisse, et le lecteur éprouve de l'empathie pour lui. La quête des Livres-Monde s'ouvre donc sur la quête identitaire d'un jeune garçon qui cherche à comprendre qui il est, d'où il vient, ce qu'il doit faire de sa vie.
Une fois son identité acceptée, Zec se lance avec deux amis dans la quête des Livres-Monde qui doivent sauver son peuple.  Le récit prend alors des allures de jeu de piste et le suspens est soutenu.
Je ne suis habituellement pas très sensible à la science-fiction mais j'ai tout de même trouvé qu'il y avait de jolies idées dans ce roman, comme la planète Chébérith qui a tout d'un paradis perdu, ou le Livre des âmes qui contient tout un peuple réduit en de petites billes de lumière qui palpitent en attendant leur délivrance. 
J'ai toutefois été déçue par le manque (l'absence ?) de style de l'auteur et par quelques passages que j'ai trouvés assez convenus mais il est évident que ce roman est écrit pour les adolescents et qu'il leur plaît, à juste titre.
L'auteur, Carina Rozenfeld, tient un blog sur lequel elle parle, bien sûr de son œuvre : clic !

jeudi 4 novembre 2010

Le panier du mois de novembre

Je sais, je sais ... je n'ai pas rempli mon panier avec sérieux ces derniers mois, et pourtant je ne cuisine que des légumes et fruits de saison ! Mais en novembre, je ne pouvais tout de même pas rater la saison du potiron et c'est avec bonheur que j'en ai cuisiné le premier jour du mois ! Je me suis inspirée d'une recette proposée dans le dernier numéro de Vie pratique Gourmand pour réaliser un "croquant / fondant d'automne" au potiron, champignons et noisettes. Comme j'essaye de reprendre mon régime, c'est une recette légère.

Pour 3 à 4 personnes (en accompagnement d'une viande rouge par exemple).
Couper la chair de 800 g à 1kg de potiron et la faire cuire dans un grand volume d'eau bouillante salée. Le temps de cuisson dépend de la maturité du potiron : le mien étant bien mûr, il n'a cuit que 10 minutes. Egoutter et écraser le potiron à la fourchette puis le mélanger à une cuillère à soupe de crème fraîche.
Eplucher, laver, sécher, couper (en gardant le pied) 3 ou 4 beaux champignons de Paris et les faire revenir dans une poêle avec un filet d'huile. Parfumer avec du basilic
Dans un plat à gratin, disposer la purée de potiron, recouvrir de champignons. 
Dans un bol, mélanger 2 cuillères à soupe de chapelure avec du paprika, du sésame grillé et des noisettes entières grossièrement hachées. Recouvrir le plat de ce mélange. 
Passer sous le grill du four quelques minutes.

 

La douceur de la purée de potiron associée au croquant de la noisette est dé-li-cieux !!! 

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