mercredi 3 novembre 2010

Au Nord du monde de Marcel THEROUX

"Jadis, nous avions été une multitude de singes nus, passant notre vie à gratter le sol pour trouver de quoi subsister sur un rivage africain. Désormais nous étions un grande armée, une termitière de géants qui pouvaient secouer la planète en tapant du pied tous ensemble, qui pouvaient réchauffer l'air rien qu'en respirant."

Voici un roman dont je n'avais pas entendu parler, que je n'aurais sans doute pas acheté et que j'ai choisi un peu au hasard lors de la dernière opération de Masse Critique  ... Et pourtant, quelle rencontre, quel coup de cœur ... quel livre ! 

Alors que toute civilisation semble disparue de la surface de la terre, Makepeace survit, tant bien que mal, aux abords d'une ville désertée de Sibérie. La solitude et le danger permanent l'oppressent au point de désirer mourir mais alors que Makepeace s'apprête à passer à l'acte, un avion surgit de nulle part, traverse le ciel et s'écrase ... Il y aurait donc encore de la vie quelque part, d'autres survivants sur cette terre désolée ? Makepeace reprend courage et se lance dans une quête éperdue d'humanité. Sa longue route mène le personnage vers d'autres rescapés, regroupés en tribus, luttant eux aussi pour leur survie et se méfiant donc de toute intrusion. Cette route mène en même temps le protagoniste sur le chemin de l'introspection, retraçant son passé et celui de ses proches, tentant de comprendre comment l'homme en est venu à détruire son propre monde.

Marcel Théroux a composé un roman d'anticipation magistral qui pousse l'homme dans ses derniers retranchements et l'interroge sur la part d'humanité qui reste lorsqu'il ne reste justement plus rien parce qu'il a, lui-même, tout détruit. Loin d'être désespéré, Au Nord du monde est un récit lucide, porteur de vie malgré les drames et la violence qui se succèdent, comme pour dire que la seule force de l'être humain réside en sa capacité à rebondir et à (se) reconstruire, toujours.
Cette lecture m'a égarée durant les 30 ou 40 premières pages puis, une révélation (du moins, un élément essentiel que je n'avais pas vu !) a relancé mon intérêt et j'ai été happée par la prose de Marcel Théroux. J'ai alors poursuivi ma lecture lentement pour savourer chaque mot, pour faire durer le plaisir. J'ai tout particulièrement aimé la manière dont l'auteur a créé un monde à la fois si  proche et si inimaginable. Makepeace est de ces personnages qu'on n'oublie pas et les lieux traversés, si majestueux et si anéantis, sont d'une effrayante beauté.

 Un grand grand merci aux éditions PLON et à Masse Critique pour ce partenariat !
Paru en août 2010 dans sa traduction française, ce roman fait partie de mon défi du 1% de la rentrée littéraire.
                                                                                                                               6/7

mardi 2 novembre 2010

Mon envie du mardi - Novembre #1

Le mois dernier, Capp' (clic !) a lancé un chouette défi, chouette parce qu'on se le lance d'abord à soi-même et qu'on peut aussi découvrir les envies des copines. L'idée est de présenter l'une de ses envies chaque mardi des trois premières semaines du mois puis de faire le bilan de ce qu'on aura accompli le dernier mardi du mois.

Ma première envie est une envie de ... photo ! Je n'en fais plus beaucoup et, même si mon appareil n'est pas très performant, fut un temps où j'en prenais davantage, notamment du ciel :

La dernière date du 30 juillet, elle a été prise sur l'autoroute, de retour de Paris.

lundi 1 novembre 2010

Le grain de sel des Demoiselles # 21

Des amis alsaciens ont offert à ma grande Demoiselle un petit album d'un auteur incontournable chez nous : Tomi Ungerer. Nous avions déjà le célèbre Les Trois brigands mais celui-ci est bien différent, même si on y reconnaît la plume et le trait de l'auteur.

Le Nuage Bleu raconte l'histoire ... d'un nuage bleu :-) qui mène sa petite vie avec une grande liberté, se laissant aller au gré de ses envies, refusant de suivre les autres nuages et de subir les aléas de la météo. Sa vie tranquille bascule le jour où il survole une ville en feu à cause de conflits raciaux. Consterné par tant de violence, le nuage bleu choisit de se sacrifier pour apaiser ces tensions ... 

Avec Le Nuage Bleu, Tomi Ungerer signe un conte qui bascule de la légèreté à la gravité et expose ainsi la sombre réalité à laquelle nous sommes tous confrontés un jour ou l'autre. La force de ce court récit est de montrer que chacun peut abandonner le confort de sa petite vie pour décider d'agir, de s'engager pour une cause qui ne le concerne pas forcément directement mais qui touche à ses convictions profondes. 

Ma grande Demoiselle a beau être très effrayée par les deux doubles pages qui montrent la violence des hommes, elle n'en réclame pas moins de lire cet album qui semble la confronter à des questionnements qui la travaillent. Ces deux doubles-pages sont judicieusement encadrées par des pages au graphisme simple qui apportent de la douceur à l'ensemble et les choix du petit nuage bleu montrent qu'avec de petits riens la vie peut être plus paisible. 

Je n'oublie pas le joli défi de Hérisson08 et Le Nuage Bleu de Tomi Ungerer est mon 7è album / 11.

C'est lundi ! Que lisez-vous ? *3*

Je sais, je sais, le suspens est à son comble ... :-))

Qu'ai-je lu la semaine dernière ? 
Comme prévu, j'ai terminé Au Nord du monde de Marcel Théroux et j'en parlerai ici tout bientôt. En littérature jeunesse, j'ai finalement choisi le premier volet de La Quête des livres-monde de Carina Rozenfeld dont je ferai aussi un billet dans les jours à venir.

Qu'est-ce que je lis cette semaine ? 
Pour tout dire, mon choix n'est pas encore tout à fait arrêté ! Je vais peut-être m'attaquer au dernier Houellebecq, reçu pour mon anniversaire ... 

Que lirai-je la semaine prochaine ? 
La reprise de mes trajets en train va me donner l'occasion de poursuivre ma lecture de la saison 2 des Blue Cerises dont le format convient parfaitement à ce type de transport, tandis que le Houellebecq sans doute pas terminé m'attendra sagement chaque soir sur ma table de chevet.

jeudi 28 octobre 2010

Boîtes à déj #39 et 40

Nous sommes en vacances, certes, mais il me reste à vous montrer les deux bentôs réalisés la semaine dernière !

Bentô #39





J'avais envie de haricots !!
* en entrée : bâtonnets de carotte, tomates cerise et tranche de rôti de dinde
* en plat : haricots et saumon
* en dessert : une prune jaune et un mini gâteau au chocolat

*****

Bentô # 40


* en entrée : bâtonnets de surimi garnis au tartare (entre nous, c'est pas terrible terrible !!), duo de carottes et endives avec sauce soja dans le petit pot jaune
* en plat : pâtes et jambon fumé
* en dessert : raisin

lundi 25 octobre 2010

C'est lundi, que lisez-vous ? *2*

Déjà une semaine de passée !?! Ouille, je sens que ce nouveau rituel va surtout me faire sentir à quelle vitesse le temps me file entre les doigts ...
Qu'ai-je lu la semaine dernière ?
Comme prévu, j'ai poursuivi ma lecture d'Au nord du monde de Marcel Théroux : j'avance assez lentement mais j'aime de plus en plus ce roman !
J'ai aussi poursuivi ma lecture de Famille, tracas & cie de Laurie Colwin, mais comme je l'ai expliqué dans le billet que j'y ai consacré (ici : clic !), j'ai renoncé à le terminer, ce qui m'arrive rarement.
Dans le train, j'ai commencé la saison 2 des Blue Cerise mais en m'y prenant (par erreur !!) par les deux bouts puisque j'ai lu le premier et le dernier volet de cette saison !

Qu'est-ce que je lis cette semaine ? 
En vacances, paradoxalement, je lis moins que d'habitude ! Je vais tout de même essayer de finir Au Nord du monde et j'ai toujours envie de littérature jeunesse, sans savoir encore choisir entre le premier tome de  Tobie Lolness de Timothée de Fombelle, ou le premier tome de La Quête des Livres-Monde de Carina Rozenfeld. Je verrai selon mon humeur du moment !





Qu'est-ce que je vais lire la semaine prochaine ?
Ma PAL ne cesse de s'allonger mais je n'ai pas encore la moindre idée de ce que je choisirai la semaine prochaine ! Cela dépendra surtout de l'avancée de mes lectures de cette semaine !

dimanche 24 octobre 2010

Famille, tracas & cie de Laurie Colwin

"Comme les gens étaient excentriques et difficiles à connaître ! Comme ils étaient incroyablement divers ! Ils souffraient, ils exultaient, ils combattaient dans des guerres dont ils ne parlaient jamais, ils écrivaient sous la dictée d'animaux. Ils avaient eu des histoires d'amour, ils avaient un passé. L'expérience les rendaient riches. Souvent, cette pensée remplissait Jane Louise d'un bonheur immense. Souvent, elle lui donnait un mal de crâne persistant. Et puis d'abord, qui avait fabriqué le lit dans lequel elle dormait ?"

Jane Louise a 40 ans, elle vit à New York et elle vient de se marier avec Teddy. Malgré l'amour qui les unit, elle ne cesse de s'interroger sur les raisons qui ont poussé Teddy à la choisir, elle. Tout comme elle ne cesse de s'interroger sur ses amis, sur ses collègues, sur sa place dans la maison d'édition pour laquelle elle travaille, sur sa place dans sa famille, dans sa belle-famille, dans sa ... Bref, elle est en proie à un doute existentiel permanent et en parle beaucoup avec son amie Edie.

Le livre est d'abord amusant : le rythme est enlevé, le ton est sarcastique, les personnages sont excentriques juste ce qu'il faut. Mais très vite, je me suis lassée, regrettant que toutes ces considérations sur le mariage, l'amitié, la famille, les collègues, etc tournent en rond ... et j'ai abandonné le livre en renonçant à savoir ce que la page 158 (sur 284) me réservait.
Je vais me faire des ennemis :-)) mais quelques pages avant de renoncer à cette lecture, le récit m'a fait penser à certaines séries comme Desperate Housewives qui font sourire au début puis, n'apportant pas grand chose de neuf au bout du x-ème épisode, finissent par (m' ?)ennuyer. Il faut avoir le talent rare d'un Woody Allen pour brosser le portrait du microcosme bobo new yorkais tout en se renouvelant constamment !

Je remercie toutefois BOB et Le Livre de Poche pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir un nouvel auteur  et qui m'a tout de même amusée pendant le premier tiers du roman !